L’ONU, le cirque et quelques clowns

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C’est vraiment gros ! Plus que les Jeux olympiques, les Oscars ou le G7 quand Donald Trump se met ses alliés à dos. Ce matin, le coup de maillet de la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU va résonner à travers New York.

Pendant une semaine, tout ce qu’on peut imaginer de chefs d’État, de diplomates influents, de leaders de la société civile, de mégachefs d’entreprises, de philanthropes à la Bill Gates et de célébrités ayant le sort du monde à cœur (à la Bono) vont se retrouver à Manhattan sur les berges de l’East river.

On peut reprocher bien des choses aux Nations Unies — que c’est un monstre de bureaucratie ou une arène de débats interminables et ennuyeux —, mais il n’existe aucun autre cadre où il est possible d’entendre les dirigeants du monde décrire leurs priorités et montrer (un semblant) d’intérêt pour les grands enjeux planétaires.

Cela dit, les fonctionnaires onusiens, c’est clair, n’ont pas reçu leur diplôme de l’école des slogans accrocheurs. À preuve, le thème de cette session-ci : « Faire de l’ONU une organisation pour tous : une force mondiale fondée sur des responsabilités partagées, au service de sociétés pacifiques, équitables et durables ». Ne perdez pas espoir, il y a de quoi s’amuser !

Il y a un an déjà

La Maison-Blanche de Donald Trump génère un tel enchaînement de décisions choquantes et de commentaires désobligeants qu’on en perd la notion du temps. Le scandale des « pays de merde » africains, c’était il y a trois ou six mois ? Les joueurs de football, ces « enfants de chienne qui manquent de respect au drapeau américain », il l’a dit au printemps ou à l’automne dernier ?

Douze mois ont passé déjà depuis que, de la tribune de la 72e session de l’Assemblée générale, Donald Trump avait commotionné ses collègues et leurs conseillers avec un discours tellement peu diplomatique qu’on s’en offusque encore dans les corridors de l’institution.

En plus de ressasser de vieilles piques faciles contre le socialisme et le communisme (« angoisse, dévastation et échec »), il s’en était pris au gouvernement iranien, engagé selon lui dans « la poursuite de la mort et de la destruction ». Plus mémorable encore avait été sa sortie contre la Corée du Nord.

Ennemis d’hier, camarades de demain

Barack Obama, à son départ de la Maison-Blanche, avait prévenu Donald Trump de se méfier de Kim Jong-un. À l’ONU, le président américain avait poussé le conseil jusqu’à insulter personnellement le leader nord-coréen (« Rocket Man ») et à promettre, en cas d’affrontement, la destruction totale de la Corée du Nord.

Un an… ou une éternité plus tard, Chairman Kim et le président Trump, non seulement s’échangent les compliments, mais se sont retrouvés à Singapour pour un sommet qui aurait été totalement inconcevable en septembre 2017. L’effet ONU ? Espérons, si c’est le cas, qu’il fonctionnera cette année pour l’Iran. C’est l’os apparemment que compte ronger le président américain.

Quant au Canada, ce devrait être une bonne année. Les budgets d’aide internationale et l’engagement dans les forces de maintien de la paix ne ressemblent toujours pas à ce qu’ils ont été, mais dans un monde fragilisé par les gros sabots de l’administration Trump, c’est plutôt bien d’être Canadiens.

Et si le Canada veut effectivement se tailler une place en 2021-2022 au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et mettre fin à 20 ans d’une absence inexcusable, il y aura des talents diplomatiques à déployer. Pas meilleur endroit ni meilleur moment pour le faire.

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