L’ONA veut récupérer plus d’un milliard de gourdes de prêts délinquants

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L’ONA a requis les services de deux cabinets d’avocats afin de recouvrer plus d’un milliard de gourdes de prêts délinquants, a appris le journal, lundi 1er octobre 2018. 759, 477,928 de gourdes correspondant au montant du portefeuille de « crédit 50 » pour l’achat de véhicules et d’appareils électroménagers. Les retards accusés sont de 30 jours et plus. Le reste, 255 581 110,« concerne 26 prêts hypothécaires délinquants », a expliqué notre source qui n’a pas communiqué d’informations sur les placements.

Me Jean Bonald Fatal, syndicaliste, a confié que c’est « une bonne chose » que l’ONA ait décidé d’aller chercher cet argent. Mais, il a estimé, que le montant va au-delà d’un milliard de gourdes. Le syndicaliste a appelé à un traitement impartial de tous les prêts délinquants octroyés à des gens de tous les secteurs de la société. Me Fatal, déplorant le fait que l’on a politisé le dossier du prêt octroyé au Dr Réginald Boulos, a signalé que celui-ci, au moins, paie des intérêts. D’autres ont considéré des prêts de l’ONA comme des cadeaux, a dénoncé l’homme de loi. « Il faut que l’ONA publie la liste des prêts délinquants et utilise les voies légales pour saisir les biens des contrevenants », a appelé le syndicaliste.

Pour Bernard Craan, patron du Forum économique du secteur privé, « ceux qui ont des dettes doivent rembourser ; ceux qui ont des contrats doivent les respecter ». « Notre position est que tous les prêts qui sont faits à des taux inférieurs au taux de l’inflation sont des prêts dangereux pour l’institution parce que le fonds s’amenuise chaque jour en gourdes. En plus de cela, nous pensons que ce sont seulement les assurés qui ont le droit d’avoir des prêts de l’ONA. C’est la loi. Alors tous les prêts accordés à des personnes qui ne sont pas assurées ne respectent pas la loi », a longuement expliqué le numéro un du forum économique du secteur privé.

«S’il y a eu des placements dans des entreprises effectués en gourdes, il faudrait bien vérifier si les taux de ces placements sont supérieurs au taux d’inflation», a poursuivi Bernard Craan, insistant sur la nécessité que «tous ceux qui ont des dettes » les remboursent « quelle que soit la situation de la personne».« Il faut qu’ils respectent le contrat de prêt, sinon on doit saisir leurs biens. C’est comme ça cela fonctionne. Il faut que le fonds qui appartient aux employés soit respecté », a indiqué l’économiste.

Le sénateur de l’Ouest, Patrice Dumont, impliqué dans une bataille pour que les institutions autonomes et les entreprises commerciales de l’Etat communiquent leurs états financiers audités, a estimé que, en ce qui concerne l’ONA, « dans le processus de toilettage des entreprises autonomes, il peut être thérapeutique de publier la liste des emprunts délinquants, comme savent le font les banques privées avec les mauvais payeurs de cartes de crédit ».

« Les entreprises autonomes de l’État appartiennent au peuple haïtien. Par définition, un bien public doit être transparent. En même temps, il est vrai que dans tous les domaines, et particulièrement les finances, la vie privée des gens doit être sauvegardée. Dans le cas précis de l’ONA, ça fait un bail que des dénonciations de népotisme, de ponction, de prêts indus pleuvent. Les citoyens concernés avaient tout le temps pour rectifier le tir », a poursuivi le sénateur Patrice Dumont.

« La publication des prêts improductifs est une obligation de la direction générale de l’ONA. C’est un devoir de donner au patron et aux ouvriers la liste de ceux qui ne respectent pas leurs engagements envers le fonds de pension des employés. C’est un droit pour le patron et les syndicats de réclamer la transparence », a appelé le Dr Réginald Boulos, homme d’affaires, objet de critiques pour un prêt obtenu de l’ONA à un taux d’intérêt en deçà du taux d’inflation.

Pour le moment, le journal ne connaît pas l’état du fonds ni la situation de prêts délinquants s’échelonnant sur plusieurs années, bien avant cette administration, et ce qui semble être la volonté de mettre au pas les débiteurs délinquants.

Source Le Nouvelliste

 

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