L’électrification d’Haïti 24 heures sur 24 sort du black-out, les responsables entrent dans la lumière

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-Mardi soir, la grande salle du Karibe, la plus grande du pays dans sa catégorie, affichait complet. Le président de la République, le Premier ministre et son gouvernement, le président de la Chambre des députés, des maires de tous bords, le corps diplomatique, des acteurs du secteur privé, tout le monde de l’énergie en Haïti, même des étudiants des écoles de génie, du monde et du beau, avaient fait le déplacement pour assister à la présentation complète du projet d’électrification d’Haïti 24h sur 24, comme le stipulait le carton d’invitation.

Après un discours sobre et concis de l’ingénieur Fritz Caillot, ministre des Travaux publics, Transports et Communications, on a eu doit à la projection d’un documentaire sur les promesses et réalisations de l’administration Moïse et à la présentation du directeur général de l’Electricité d’Haïti (EDH), Hervé Pierre-Louis.

Armé de Power-Point, le patron de la principale compagnie du secteur a fait dans la mesure. Hervé Pierre-Louis a occulté le déficit abyssal qui ronge l’EDH. Il n’a pas dit un mot sur le secteur public qui accumule les dettes envers la compagnie. Le directeur général n’a même pas insisté sur le problème majeur du secteur : la grande majorité des clients qui ne s’acquittent pas de leurs factures régulièrement. On a eu comme l’impression que l’Electricité d’Haïti se cherche des lendemains meilleurs en oubliant son passé.

La grande présentation a été celle du directeur général de l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie (ANARSE), Everson Calixte. Dans un exposé fleuve de plus d’une heure et vingt minutes, l’ingénieur et professeur a étalé la liste de projets sur lesquels travaille son organisme. Beaucoup de projets, à différentes échelles, doivent emmener le pays vers l’électrification 24 heures sur 24.

Dans son cours-conférence, Everson Calixte a comparé Haïti aux autres pays de la région Caraïbes. On ne tient pas la comparaison. Nou nan fènwa. Il n’y a pas d’autres façons de dire l’étalement du black-out sur notre territoire.

En fait, le terme black-out ne convient même pas. Depuis l’Indépendance, la plus grande partie de notre territoire et de ses habitants vit dans un déficit énergétique chronique. Aujourd’hui encore, plus de 70% des Haïtiens n’ont pas d’électricité. Ceux qui en bénéficient ne l’ont pas 24 heures sur 24.

Et quand les uns et les autres dans la salle ont commencé à se poser la question «mais quand aurons-nous donc le courant électrique 24h/24», l’assistance a alors compris qu’aucun des intervenants n’avaient donné de délai précis pour aucune région ou ville du pays. Le courant est en route, même ne demandez pas quand il sera dans vos ampoules ! Pas de clarté non plus sur le coût global du projet et les sources de financement. Même les 150 millions de dollars de Taïwan ont été passés sous silence.

Plus qu’un grand show pédagogique, l’exercice de ce 30 octobre 2018 est un événement fondateur. Le président Jovenel Moïse n’a pas pris la parole. Il n’a pas fait de promesses à la place des techniciens. Le chef de l’Etat a mis ministres et directeurs généraux devant leur responsabilité. Si le courant tarde ou n’arrive pas, le pays a les noms des responsables.

Les politiques partagent les rêves avec le plus grand nombre. Aux techniciens de faire passer le courant, de délivrer l’électricité. Le projet d’électrification d’Haïti 24 heures sur 24 est sorti du blackout. Le ministre et les directeurs généraux responsables du projet entrent dans la lumière.

Edito du Nouvelliste

 

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