Le budget rectificatif 17-18 en vigueur depuis hier 1er octobre 2018

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Suite à l’annonce de l’augmentation des prix de l’essence en juillet dernier par le gouvernement Moïse-Lafontant, de violentes émeutes ont mis à feu la capitale haïtienne, entraînant des actes de vol, de casse et de pillage. Jackguy Lafontant était contraint de démissionner. L’État haïtien a dû revenir sur sa décision d’augmenter le prix du pétrole et du même coup abandonner le projet de lois de finances 2018-2019. C’est donc le budget rectificatif 2017-2018, ayant été objet d’analyses d’économistes, qui rentre en vigueur dès ce lundi 1er octobre, date qui marque le début d’une nouvelle année fiscale.

Le budget rectificatif fut voté, mardi 4 septembre au sénat de la République, au terme de longues heures de débats entamés au niveau des deux chambres. L’ex-ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, en avait fait le dépôt jeudi 28 juin à la chambre basse et le projet du rectificatif est estimé à 145,6 milliards de gourdes.

Plusieurs économistes ont analysé au peigne fin le texte de lois qui, selon eux, ne met pas en avant les intérêts de la nation.

Un budget « mensonger »

L’économiste Eddy Labossière a qualifié le budget rectificatif de mensonger pour son manque de transparence, pour les mauvaises allocutions qu’il contient, sans oublier les 14 milliards de gourdes que les décideurs politiques ont mis au service de la dette Petrocaribe.

Eddy Labossière présageait, par ailleurs, une détérioration des indices macroéconomiques conséquemment aux récents événements avec de nouveaux besoins de dollars, la rareté qui entraînera la hausse des prix, la perte des emplois, le manque à gagner en termes de recettes publiques, sans oublier l’image du pays qui a pris un grand coup en ce qui concerne l’attirance des investissements directs étrangers.

Pour le président de l’Association haïtienne des économistes, le pays traverse une crise économique difficile avec un taux d’inflation qui tend à augmenter, la gourde qui est dépréciée et le pouvoir d’achat qui a baissé.

« Ni crédible, ni au service de la population »

Etzer Emile, jeune économiste et auteur de l’ouvrage « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre : les 20 raisons qui le prouvent », n’arrête pas de questionner la sincérité du budget. Il estime que ce dernier n’est ni crédible, ni au service de la population avoir décortiqué certaines lignes budgétaires où les principes de prévision ne tiennent pas compte de la réalité.

Autre anomalie relevée par Etzer Emile : l’augmentation des dépenses de fonctionnement. Ces dernières sont passées de 85,2 milliards de gourdes à 96,3 milliards de gourdes, alors que les dépenses d’investissement ont subi une contraction, passant de 58,9 à 49,3 milliards de gourdes. La tendance n’est pas renversée : la domination des dépenses de fonctionnement persiste encore.

Le train de vie de l’État a augmenté

Kesner Pharel affirmait, pour sa part,  que ce budget va à l’encontre des promesses du chef de l’État qui a promis de réduire les dépenses non-essentielles et d’augmenter les dépenses sociales. Et c’est l’international qui réalisera les 80% des projets sociaux, a-t-il précisé. Toutes les  taxes vont passer dans les dépenses de fonctionnement et non dans les investissements. Ce qui n’aide pas la population, qui souffre encore des conséquences fâcheuses des émeutes des 6,7 et 8 juillet derniers.

Et plusieurs lignes budgétaires (impôts indirects, transferts et subventions, salaires et traitements, réduction du financement du trésor public) ont subi une hausse importante, avait constaté l’économiste. Signe que le budget ne favorisera véritablement pas la croissance économique.

Source: loophaiti

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