Une éternité. Les amateurs de la sélection allemande n’ont plus vu gagner leur équipe favorite depuis le 23 juin au Mondial en Russie face à la Suède (2-1). Depuis, les champions du monde 2014 traversent une sérieuse zone de turbulences. Celle-ci met en exergue les inquiétantes lacunes affichées par Joachim Löw depuis plusieurs matchs. Après son élimination calamiteuse en phase de poules en Russie, l’Allemagne voit désormais le spectre d’une relégation en Ligue B de la Ligue des Nations s’approcher à grands pas. Pour Löw, confirmé à son poste malgré le naufrage allemand l’été dernier, c’est sûrement la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

La claque reçue samedi soir face aux Pays-Bas (3-0), le place plus que jamais sur un siège éjectable. Pire, pour le sélectionneur allemand, ses choix sont désormais contestés par l’opinion publique. La presse allemande lui reproche ainsi de s’appuyer sur l’ossature qui a permis à l’Allemagne de s’imposer au Brésil en 2014. Neuer, Hummels, Boateng, Kroos et Müller n’échappent pas aux critiques. Si le gardien du Bayern ne peut rien sur les trois buts encaissés à la Johan Cruyff Arena, la charnière centrale Hummels, Boateng n’a pas résisté aux assauts de Depay and co.

Joachim Löw sur un siège éjectable

Souvent à la peine défensivement, très décevant sur le plan offensif, l’Allemagne semble ne pas savoir se réinventer au niveau du jeu. Face aux hommes de Ronald Koeman, Joachim Löw décidait de se passer des services de Julian Draxler et Leroy Sané puis de titulariser Uth l’attaquant de Schalke qui n’a pourtant marqué aucun but depuis le début de saison. La mise au banc de Julian Brandt a également laissé circonspects les observateurs. Une prestation collective insipide, des choix contestables, la sélection allemande n’aborde pas dans les meilleures dispositions le choc face à l’équipe de France mardi soir au Stade de France. Plus que jamais, la menace d’une relégation en Ligue B de la Ligue des Nations plane sur la National Mannschaft.

Une défaite face aux Bleus scellerait sûrement le sort de Joachim Löw. Ce dernier n’ignore pas que son cas suscite les débats les plus animés au pays. « Oui, je comprends qu’il y ait un débat et on doit faire avec. Dans les deux prochains jours, je vais me concentrer entièrement sur la préparation de l’équipe avant le match à Paris contre la France, et pas sur le débat dans l’opinion publique. Mais ce débat est normal, très normal, » lâchait peu loquace le sélectionneur allemand sur la ZDF. Des paroles qui laissent transparaître une certaine résignation chez l’intéressé. Un sursaut d’orgueil est attendu mardi soir au Stade de France face aux nouveaux champions du monde