La mobilisation #PetroCaribeChallenge se poursuit, en dépit d’apparentes manœuvres d’intimidation du pouvoir

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La mobilisation générale annoncée pour le mercredi 17 octobre 2018, en vue de demander des comptes sur la dilapidation des fonds PetroCaribe, met sérieusement la puce à l’oreille des dirigeants actuels.

Cette mobilisation citoyenne se prépare non seulement à Port-au-Prince mais aussi à Petit-Goave (département de l’Ouest), au Cap-Haïtien (Nord), aux Gonaïves et à Saint-Marc (Artibonite), aux Cayes (Sud), à Jérémie (Grande Anse, une partie du Sud-Ouest d’Haïti), à Ouanaminthe (Nord-Est) et à Jacmel (Sud-Est).

La Police nationale d’Haïti (Pnh) a reçu les notifications de manifestations dans le contexte de la commémoration du 212e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la Nation haïtienne.

Plusieurs responsables d’organisations nationales et internationales ont fait savoir qu’ils répondront à l’appel, le 17 octobre prochain, à en croire Guy Numa, membre de la coordination du Mouvement démocratique populaire (Modep), qui fait partie d’une coalition d’organisations politiques, syndicales et populaires.

La bataille pour exiger la lumière sur l’utilisation des fonds PetroCaribe est menée contre un système politique basé sur la corruption et l’impunité, ont déclaré une douzaine de citoyennes et citoyens haïtiens, de divers secteurs de la société haïtienne, dans une note publiée le vendredi 12 octobre 2018.

Ils appellent à un rassemblement de toutes les forces progressistes afin de préparer une alternative pouvant mener vers un changement de système.

Intimidations et inquiétudes du pouvoir

Le pouvoir affiche une attitude méfiante par rapport à ce mouvement citoyen ’’PetroCaribe Challenge’’ qui s’est intensifié dans la rue, en Haïti et à l’étranger, depuis son lancement, le 14 mars 2018, sur les réseaux sociaux.

Le secrétaire d’état à la sécurité publique, Ronsard Saint-Cyr, a dénoncé une manœuvre pour déstabiliser le pays lors des mobilisations du 17 octobre 2018.

Le sénateur Antonio Cheramy a assimilé ces propos à un prétexte du pouvoir pour procéder à l’arrestation de responsables de plusieurs organisations populaires et paralyser le procès Petrocaribe.

Le responsable du parti Fanmi Lavalas, Schiller Louidor, a été auditionné, le mardi 9 octobre, au Parquet de Port-au-Prince, par le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance, Clamé Ocnam Daméus, pour ses déclarations jugées d’incendiaires.

Louidor avait appelé la population à participer aux manifestations anti-corruption, annoncées dans différentes villes du pays.

Face à des menaces de pillages et d’incendies, un ensemble de dispositions visant à assurer la sécurité de certains bâtiments publics et privés stratégiques sont mises en œuvre, à partir du 14 octobre jusqu’à nouvel ordre, a annoncé la Pnh, dans une circulaire datée du 5 octobre.

Les congés et permissions des policiers ont été annulés afin de garder un effectif suffisant pour garantir l’ordre public, avant, pendant et après la journée historique du 17 octobre 2018.

Pour sa part, Clamé Ocnam Daméus, a exprimé ses préoccupations face à d’éventuelles manifestations de rue sur fond de violences, dans un communiqué en date du 8 octobre 2018.

‘’Aucune attitude politique anomique ou autre’’ visant à défier l’autorité de l’État, par le recours à des manœuvres pour déstabiliser des institutions républiques, ne sera tolérée, met-il en garde

Le Parquet de Port-au-Prince entend poursuivre tous individus, incitateurs à des actes de violences et fauteurs de troubles, conformément à la loi, pour qu’ils en répondent par devant la justice.

De son côté, le chef de l’État, Jovenel Moïse, a entrepris une série de visites dans des commissariats, sous-commissariats et unités spécialisées de la Police durant le week-end écoulé.

Il a promis aux policières et policiers nationaux d’améliorer leurs conditions de travail.

Lors d’une manifestation, le vendredi 12 octobre 2018, plusieurs élèves de différents lycées de la capitale Port-au-Prince ont dénoncé la dilapidation des fonds PetroCaribe dont une partie aurait pu servir, disent-ils, à la construction d’écoles publiques.

Ces lycéens qui manifestaient en faveur de la reconstruction de leurs établissements endommagés lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont pénétré dans la cour de l’hôtel Marriott à Turgeau (centre-vite de Port-au-Prince).

Depuis janvier 2018, plus d’une soixantaine de plaintes relatives au dossier PetroCaribe ont été déposées au bureau du juge d’instruction, Ramoncite Accimé, qui a débuté l’audition des plaignants depuis le 27 septembre 2018.

Source Alter Presse

 

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